Doing Elliot – Noel Alejandro se penche sur le fantasme de l’hétéro

Noel Alejandro se penche sur le fantasme de l’hétéro

Une journée ensoleillée, les oiseaux qui chantent, un parc. Le joli Thomas (Cyrill) bloque sur un beau mâle sportif et barbu qui est en train de courir. Le hasard faisant bien les choses, le garçon laisse tomber par mégarde, alors qu’il reprend son souffle, sa carte d’identité avec son nom et son adresse dessus. En la saisissant, Thomas comprend pourquoi cet inconnu happait tellement son regard : il s’agit d’Elliot (Tristan), un garçon qu’il a connu au lycée et avec lequel il avait vécu ses premières expériences.

Début d’une douce obsession : Thomas se met à dessiner Elliot dans son carnet, repense à ses belles jambes poilues et son gros paquet qu’il fantasme en érection. Après la rêverie, Thomas ose aller à l’adresse indiquée sur la carte et sonne à la porte de son ancien compagnon de jeu. Après un moment d’hésitation, Elliot se souvient de lui et le fait entrer dans son bel appartement. Thomas y découvre la photo de la petite amie d’Elliot. Mais qu’il ne perde pas espoir : le bel hétéro, qui ne l’était pas tant que ça dans ses jeunes années, a l’air nostalgique. Voyant le carnet de Thomas, il s’en empare et découvre que ce dernier est toujours très excité par lui à en juger par ses dessins (dont un en mode to do list avec inscrit « To do : Elliot »). Prétexte idéal pour passer à l’action : Elliot s’approche, encore recouvert de sueur après le sport, et, tentateur, dit se souvenir que son ami était très doué et qu’il a probablement dû embrasser beaucoup de garçons après lui.

Une situation initiale à première vue banale mais ici joliment et délicatement amenée. On y croit. Le réalisateur Noel Alejandro va donc ici jouer sur ce grand fantasme de l’hétéro « corruptible », d’autant plus intense ici qu’il convoque de grands souvenirs chargés en érotisme. Elliot n’a plus l’habitude des garçons et en embrassant Thomas il goûte à nouveau à l’ivresse des caresses et étreintes entre mâles. Les plans s’étirent, en toute sensualité, les garçons se lancent dans une sorte de danse des corps diablement excitante. Au lit, ça se déshabille avec précaution, ça se frôle, la tendresse prime, les regards sont brûlants et d’une rare pureté.

Contrairement aux éternels clichés pornos, ici l’hétéro est celui qui va finir par s’abandonner après des préliminaires gourmands transcendés par une caméra à l’affut des moindres détails. Serré, Elliot aura mal au début, esquissant des grimaces comme un petit garçon apeuré mais désireux de repartir pour un tour de grand 8. La suite est on ne peut plus jouissive, magnifiquement chorégraphiée et sensuelle. Noel Alejandro nous met une nouvelle fois les sens en ébullition. C’est beau et chaud. Pour l’anecdote, les deux modèles, Cyrill et Tristan, forment un vrai couple à la ville. Ceci expliquant peut-être l’incroyable alchimie, aussi palpable que redoutable, qui émane de cet acte d’amour torride.

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